Un Samsung YP-U3 donc, qui lit les OGG et les MP3. L’écran est tout petit, mais pour le prix et la taille il ne fallait pas en demander trop (surtout que je n’ai aucune utilité de vidéos loin de mon écran). Il fait également radio et dictaphone, deux gadgets qui peuvent bien servir.

Pour les fonctions de base, rien de surprenant une fois compris comment allumer la bête (appuyer quelques secondes sur le bouton de lecture). Il délivre un son apparemment décent dans les oreillettes (je n’ai pas l’oreille éduquée et je n’ai pas fait de test en double aveugle avec les concurrents donc il ne faut pas prendre cette appréciation comme un avis définitif si vous êtes un fanatique de musique dodécaphonique sur amplificateur à lampes forgées par des vierges de l’École de Musique de Bayreuth dans votre salle insonorisée du fond du désert de l’Atacama.)

L’interface tactile (pas un écran) réclame un peu d’habitude, mais surtout à cause de la taille ridicule des boutons due à la taille ridicule du gadget. Attention, les touches sont sensibles.

Un reproche : apparemment il n’y a pas d’avance ou de retour rapide... (Mise à jour de juin 2009) Finalement : la touche d’avance sert à l’avance rapide si on la tient enfoncée, et à changer de morceau si on l’effleure une fois.

MTP

La première tare est hélas assez immédiatement discernable : le YP-U3 suit la norme MTP, une aberration directement issue de Redmond, et n’est donc pas simplement accessible sous forme de clé USB ou de disque externe. Il faut suivre un protocole supplémentaire. Super... Et comme je n’ai pas de Windows sous la main, en tout cas aucun qui ait accès à ma collection de musique, ni l’envie d’en monter un à court terme...

Avec le Mac via XNJB

Sur Mac, le logiciel XNJB sauve la mise, il permet le transfert des morceaux dans les deux sens, l’effacement, etc. Le plus difficile est de trouver où iTunes cache sa bibliothèque de morceaux, c’est dire... (Il faudra que je pense à faire un don à l’auteur, tiens.) (C’est fait.)

Inconvénients : les .ogg sont transférés par XNJB, mais sans leurs tags ! Très gênant quand on les lit... Si j’en crois les forums de XNJB, je ne suis pas le seul à avoir le problème. Selon ces mêmes forums, cela marcherait peut-être en stockant les .ogg préalablement dans iTunes (hors de question pour moi, le Mac n’a pas assez de disque pour stocker toute ma musique). L’auteur de XNJB a rajouté le problème à sa Todo liste en tout cas. (Mise à jour de juin 2009 : Le problème se pose encore quand on se balade dans l’arborescence, mais le morceau lui-même contient titre et auteur.)

En ce qui concerne mes podcasts récupérés par iTunes, comme ils portent tous le nom download.mp3, je ne peux en transférer plusieurs (le contournement est simple, il suffit d’effacer le podcast en demandant à le laisser dans la corbeille, et on l’y retrouve avec un nom complet explicite.)

Avec Linux Ubuntu 7.10

Sous Linux (Ubuntu 7.10 « Gutsy » en ce qui me concerne), c’est plus délicat. Il est possible de « parler » au lecteur grâce à la bibliothèque libmtp et aux mtp-tools... Ceux-ci sont en ligne de commande, ce avec quoi je peux vivre, mais sans aucune documentation trouvable, ce qui me gêne plus (et je ne suis pas le seul — un défaut du libre rarement rencontré mais vite pénible). En résumé express pour ceux qui tomberaient ici :

  • installer les paquets nécessaires :
    aptitude install libmtp6 mtp-tools libmtp-doc
    (le dernier pour avoir le peu de doc qui puisse se trouver sur le sujet ; très technique elle n’intéressera que les informatiens) ;
  • le lecteur branché, la commande mtp-detect devrait cracher une flopée d’informations dont le nom du lecteur ;
  • mtp-sendfile permet d’envoyer un fichier au lecteur ; coup de bol exceptionnel la syntaxe est accessible en tapant juste mtp-sendfile... ce qui n’est pas un acquis partout dans tous les mtp-tools ;
  • pour le transfert en masse, il n’y a apparemment pas de moyen simple en ligne de commande… ;
  • il faudra également oublier les albums ;
  • je nai rien trouvé non plus pour une déconnexion « propre » si c’est nécessaire.

Sous Ubuntu 9.04 (Ajout de juin 2009)

Ajout de juin 2009 : Avec Ubuntu 9.04 (« Jaunty »), la situation n’est pas meilleure, voire pire. Je n’ai pas réussi à faire fonctionner les mtp-tools de manière fiable (détection correcte mais pas d’accès). Un problème de conflit d’accès :

  • lancer mtp-detect ;
  • s’il se plaint (LIBMTP-PANIC), c’est qu’il est en conflit avec un autre logiciel qui veut aussi accéder au lecteur ;
  • on peut savoir lesquels avec lsof | grep usb, et il faut chercher le lecteur à un emplacement numéroté comme /dev/bus/usb/005/005 ;
  • repérer tout à droite l’application correspondante, la fermer normalement ou avec un kill son numéro (typiquement chez moi se lançait spontanément gphoto2 sans pour autant apparaître à l’écran, alors que Ubuntu proposait d’ouvrir Rhythmbox...) ;
  • si mtp-detect marche et se met à vomir plein d’infos techniques, alors utiliser les mtp-tools ou relancer Amarok2 qui devrait pouvoir reconnaître le lecteur ;
  • ouf !

Il paraît que ça pourrait s’automatiser en trifouillant dans la config de hald, à creuser...

Par contre, un superbe outil existe, c’est mtpfs (un paquet homonyme à installer) qui permet ensuite de monter le lecteur comme une clé classique. Copier un morceau de musique dans le répertoire ainsi monté semble fonctionner, je n’ai pas encore utilisé sérieusement.

Cliquodromes

J’ai bien sûr testé avec les applications musicales à cliquodrome classiques :

  • Amarok (de KDE 3.5), mon lecteur préféré bien que pesant et lent (c’est du KDE...), ne voulait rien voir jusqu’à ce que je teste par acquis de conscience au moment de rédiger ceci. Et bien tant mieux, il était frustrant de lire partout sur les forums que cela fonctionnait avec lui. Au final, je suis juste allé dans Configuration, Périphériques et ajouté un périphérique de type MTP au nom arbitraire. L’autodétection automatique échoue mais cliquer sur Connexion en haut à gauche de la fenêtre principale donne accès au lecteur et permet un transfert par copier-coller. Les albums, tags... sont gérés. Joie !

    Le transfert des .mp3 comme .ogg fonctionne (les albums sont reconnus par le lecteur) mais le transfert brut de fichier .flac échoue, évidemment (Je sais, j’abuse). Il existe des scripts Amarok qui feraient la conversion à la volée : Amakode ou surtout transKode, installables via le Gestionnaire de scripts ; cependant le premier est trop brut de fonderie, et le second, plus réputé, réclame une librairie libutempter.so.0 inconnue sous Ubuntu. Je recompilerais bien transKode si j’avais le temps de chercher toutes les librairies de développement KDE qu’il réclame, mais je sens que j’aurai plus vite fait de mitonner un script bash dans un coin... (qui existent déjà d’ailleurs : flac2mp3 marche pas mal, il y a même un flac2ogg pas très flexible dans un coin du web).
  • (Juin 2009) Amarok 2.0.2 de KDE 4.2, fonctionne aussi, une fois réglés ces conflits d’accès. Le lecteur apparaît discrètement comme une autre collection, et le transfert des morceaux d’une collection à l’autre se fait via clic droit. Je préférais avant mais ça fonctionne.
    Les informations sont moyennement bien gérées ; manque par exemple la taille...
  • Gnomad2 a été le premier logiciel sous Linux à reconnaître le lecteur, mais il est au niveau de XNJB en plus moche. Et il ne reconnaît pas les tags des .ogg ce qui le rend inutile pour autre chose que des .mp3. (Juin 2009 : Rustique mais fonctionne.).
  • Rhythmbox est beaucoup plus propre et fonctionnel mais il semble un peu instable. Il a fallu activer les lecteurs MTP dans les greffons. Vu qu’Amarok fonctionne, je ne l’étudie pas plus loin.
    (Juin 2009 : Pas de détection du lecteur...)

Pour finir, en vrac :

Mise à jour d’octobre 2009 : Finalement, après moults essais plus ou moins infructueux, je me suis rabattu sur le flashage, en suivant le tutoriel au milieu des commentaires. En dix minutes, ça marche. Attention, on perd le RDS paraît-il. Mais rien ne vaut une bonne vieille clé USB.

La doc du CD

Le CD livré avec le lecteur a le défaut d’être en format miniature. Il ne passe pas dans le mange-disque du Mac, et est illisible dans le portable Dell de mon père ! Il aurait été trop simple de placer la documentation directement sur le stick, qui aurait lui-même été lisible comme un disque dur... Mon PC de bureau a accepté de le lire, finalement.

Je n’ai pas testé le soft livré, il ne fonctionne que sous Windows, et j’ai de toute manière de très mauvais souvenirs des logiciels bâclés hideux et instables livrés avec l’électronique même — et surtout — de marque.

La documentation est présente dans un nombre impressionnant de langues. Je me suis limité au PDF en français pour la France. Il est assez clair quand au maniement de l’objet. Bizarrement, pas un mot sur le .ogg qui est un argument de vente auprès du public geek mais semble un gros mot pour le reste du monde.

Au final

Un lecteur MP3 qui se défend, pas encombrant, léger, qui lit bien les .ogg, et plus compliqué à mettre en place quel que soit l’OS à cause de ce fichu mode MTP qui marque une régression de deux générations dans l’informatique domestique, quel que soit l’OS d’ailleurs.

Le choix du lecteur a été fait sur catalogue et en tenant des disponibilités. Il aurait pu être différent si j’avais eu le temps de fouiller plus les forums, de comparer le maniement par rapport à d’autres lecteurs (mais vous en connaissez beaucoup des magasins avec l’électronique en essai libre ?), ou d’oser tenter des imports des pays les plus avancés en la matière (du côté des Empires du Milieu et du Soleil Levant).

Juin 2009 : Il y a quelques mois, plus d’un an après le premier comparatif, le lecteur était toujours dans les préférés de Que Choisir ! Un an et demi après, j’en suis toujours content (utilisation musicale exclusivement).