La réponse est éclatante de noirceur, j’ai « blackouté »[1].

HADOPI - Le Net en France : black-out

L’initiative vient de la Quadrature du Net. La première personne à m’avoir sensibilisé est Isa.

La cause initiale : les derniers projets de loi anti-piratage de notre gouvernement, la loi HADOPI en particulier, un chef d’œuvre de n’importe quoi, rédigée par des gens qui ne comprennent rien à Internet, à l’informatique, au droit et à leur époque, et multi-récidivistes en matière de lois stupides, coûteuses et inefficaces.

J’arrête là parce que je m’énerve et que je n’ai pas envie de finir fiché comme opposant primaire[2] ; et puis les sites ci-dessous causent déjà suffisamment du sujet :

  • Lire surtout cette interview d’un acteur du domaine, Patrick Waelbroeck. En résumé, les pirates se sont déjà adapté à ce genre de texte, et au mieux, on reviendra à la bonne vieille technique de l’échange de clés USB dans les cours des lycées. J’ai connu à l’époque des disquettes, c’était redoutablement efficace. Et Internet redeviendra (en France) ce qu’il était à l’époque : un Minitel.
  • LinuxFr pointe notamment les problèmes d’interopérabilité que le rapporteur de la loi semble complètement ignorer. Microsoft se frotte probablement les mains.

Histoire de gloser un peu, je précise que je me suis posé la question sur « je suis le mouvement en bon geek de Panurge, ou je pousse un soupir et je passe à autre chose ? ».

  • Le très réfléchi Maître Eolas explique pourquoi lui, il ne suit pas. Je comprends un peu ses positions : la loi HADOPI succède à la DADVSI ou à la LCEN comme épouvantail, ce sont des usines à gaz inutiles, il y a bien pire qui passe au Parlement sans mobilisation, et on sera toujours en démocratie après ça. DADVSI et LCEN n’ont pas empêché les DRM d’agoniser sous la pression du marché.
    Mais je désapprouve. Ces lois sont débiles et inapplicables mais il y aura forcément des pertes collatérales. Eolas aura la capacité de décortiquer (férocement j’espère) le texte sur le plan du droit, moi je hurlerai de façon plus primitive : ce n’est même plus une lutte juridique mais de lobbying. Quant aux DRM, ils bougent encore (Blu-Ray, WMA...) et le marché ne fonctionne que quand la loi le laisse s’exercer réellement.
    (Mise à jour du 5 mars  : Maître Eolas analyse la loi de manière plus détaillée et ironique http://www.maitre-eolas.fr/2009/03/....)
  • Henry Michel est sceptique sur l’utilité (à raison mais l’espoir fait vivre) et dit qu’un vrai black-out ça consiste à bloquer les sites, pas à afficher l’équivalent du brassard de gréviste japonais. Mais baillonner mon blog n’apporterait rien, tandis qu’un deuil généralisé et verbeux pourrait donner l’idée à l’opposition de se remuer (pour changer) ou à quelques députés UMP avec un cerveau et une colonne vertébrale (solide) de ne pas voter ces âneries.

Post-scriptum : Oui, les couleurs sont laides, je n’ai pas eu le temps de travailler ça.

Notes

[1] Une pensée pour mon professeur de français de 6è qui aurait fait une attaque à cause d’un tel anglicisme. Personnellement ça me répugne aussi.

[2] Bonjour au petit robot ficheur des Renseignements généraux.