L’histoire originale est disponible sur Wikipedia, version anglophone. Il n’ y a pas (Mise à jour de 2010 : à présent) de une version française, c’est une honte.

Petrov

En résumé pour les anglophobes et les gens pressés : le 26 septembre 1983, trois semaines après l’affaire du Boeing sud-coréen, à une époque où les Soviétiques étaient sur la défensive, les ordinateurs du système d’alerte avancé annoncèrent l’arrivée d’un, puis plusieurs missiles américains.

La réponse « normale » à une telle chose, dans les deux camps, était (est toujours ?) une riposte totale immédiate - déclenchant elle-même une riposte. Bref, la fin du monde (villes entières vaporisées, effondrement de la civilisation, hiver nucléaire...). Le temps de voyage des missiles est de quelques minutes, laissant peu de place aux vérifications ou aux négociations par le téléphone rouge.

Le lieutenant-colonel Petrov, chargé de la surveillance de ce système, doutait cependant de sa fiabilité. Une attaque avec un seul missile semblait certes improbable, mais quand plusieurs apparurent, le besoin de remonter la chose à sa hiérarchie devint plus urgent. Il se fia cependant à son jugement, des sueurs froides dans le dos, et évita peut-être l’Apocalypse.

Bien qu’ayant manifestement fait le bon choix, il montrait ainsi qu’il n’était plus un officier totalement fiable, et avait mis dans l’embarras certains de ses supérieurs. Sa carrière subit un coup d’arrêt. Il est actuellement à la retraite.

Les autres

Vue la manière dont la doctrine MAD fonctionnait, il est étonnant que nous soyons passés à travers 40 ans de Guerre Froide. Aux États-Unis, le NORAD a subi en 1979 un bug du même tonneau que celui de 1983. De manière générale, les occasions n’ont pas manqué, de la crise de Cuba à ce missile norvégien perdu en 1995. Le film Wargames n’est pas sorti à cette époque par hasard.

Ajout : En septembre 2006, Slashdot a évoqué l’anniversaire de l’histoire de Petrov.