Je suis en[1] SSII (société de service en ingénierie informatique).

Une grosse, du genre que tout le monde dans le domaine connaît[2]. Mais aussi du genre que personne en dehors du domaine ne connaît. L’informatique de gestion, la maintenance tierce applicative, tout ça avec des ordinateurs, ça n’a rien de magique. C’est même assez ch...t, même quand on est du métier. Ma spécialité, ce sont les ERP, Oracle, SAP, ces dinosaur monstres, qui sont à l’informatique ce que les Super Dumper sont à l’automobile.

Ça dépend des missions et des clients, évidemment. Le meilleur côtoie le pire. Certains s’accomodent plus de certains aspects, d’autres moins. Le turn-over est élevé, mais c’est quand même pas Zola[3].

Cela dit, j’aurais des doléances. Cette série de billets sera longue[4].

Partie 1 : Angoisse existentielle
Partie 2 : Plein plein de chefs
Partie 3 : Le portable
Partie 4 : Le consultant-migrant
Partie 5 : Se battre pour bosser
Partie 6 : Les joies de l’accès à distance
Partie 7 : Un expert, sisi !
Partie 8 : Imputer, oui, mais sur quoi ?

Notes

[1] Remarquez l’expression « être en », comme on entre en religion. Il y a effectivement un côté apostolat. Avec l’option célibat, vus les déplacements lointains pour nombre de victimes consultants.

[2] Et je ne dirais pas laquelle. Si tu me connais, tu le sais. Si vous ne me connaissez pas, quelle importance ? (Mise à jour très postérieure : Et puis, ça fait des années que j’ai changé d’employeur depuis que ce billet a été écrit.) (Et si, ô divine surprise, tu es mon patron, tu sais que tout ceci n’est que du second degré, évidemment, que j’aime ce métier, que je donne tout pour lui, et que y a juste le chiffre en bas de la feuille de paie qui est un peu réduit à mon goût, mais on va pas se fâcher pour ça, va.) Les méchancetés que je vais cracher pour me soulager ne sont pas valables pour toutes les agences, ni même cette entreprise forcément, de toute manière. Et puis je râle souvent, donc si je dis noir c’est peut-être que gris et pas si mal - surtout si vous vous contentez de peu. Paraît que je suis exigeant.

[3] En général du moins. Y aurait des histoires d’horreur à raconter.

[4] Mais qu’on ne s’inquiète pas, je trouverai bien le moyen d’y intercaler un ou deux billets-pavés sur un livre dont vous n’avez jamais entendu parler ou sur l’histoire d’un État obscur au VIIIè siècle, et de vomir quelques octets sur ma déception en découvrant l’ABAP.