N_Henneberg_Le_Sang_des_astres.jpgCe livre provient des collections de la jeunesse de mon père, il n’est pas si jeune (1963), et apparemment il est épuisé. (Seuls sont encore édités chez l’Atalante le meilleur livre de Henneberg, la Plaie (Mise à jour : un de mes livres préférés, chroniqué et loué sur ce blog) Le sang des astres n’est pas un bijou immortel, ni même le meilleur de l’auteur, donc pourquoi un billet ? Parce qu’à part le titre et des annonces de bouquinistes, on ne trouve rien sur le web au sujet de cette œuvre, et je n’aime pas que se perde quoi que ce soit.

Henneberg aimait mélanger les thèmes mythologiques avec la science-fiction de son époque (encore très orientée « astronaute-superman tueur de monstres et donneur de leçons aux extra-terrestres »). Ici, Salamandre (connue aussi comme Lilith), nouvelle incarnation pure d’un Élément, ici le Feu, quitte la Terre hyper-civilisée de l’an 2700, et atterrit sur Anti-Sol, une lointaine planète, clone quasi-parfait de la Terre avec quelques siècles de retard : elle devient partie intégrante de l’histoire locale des Croisades.

Un Élément pur possède cependant l’inconvénient de provoquer des catastrophes en chaînes sur son chemin, de façon totalement involontaire : les chevaliers s’entretuent pour cette beauté démoniaque (dont Gilbert, un explorateur terrien dont on se demande ce qu’il fait là justement ce jour-là), la météo devient folle, la guerre éclate, les pogroms se succèdent, la terre tremble, le sang coule.

La société policée des civilisations galactiques ne peut tolérer cela, ni les Elms (les êtres « magiques », comme les Lutins), qui ont toujours vécu sur Terre et entamaient une migration vers la plus naturelle Anti-Sol. Un Chasseur (surhomme métis avec une bonne dose d’Élément Eau en lui) est envoyé traquer la belle.

Nathalie Henneberg rend bien la déliquescence de la haute société du royaume croisé quand apparaît Salamandre, et les angoisses de celle-ci, innocente et incapable d’empêcher de brûler et consumer tous ceux qui l’approchent. Le Chasseur semble un peu trop parfait, mais la partie intéressante et tourmentée du personnage est rendue par Gilbert d’Este, le preux mais faillible envoûté. Il aurait fallu fusionner ces deux Terriens, ils occupent le premier rôle masculin successivement.

Le mélange entre fantastique et science-fiction se fait sans peine — même si le milieu est plutôt médiéval de toute manière. Le comportement des astronautes (genre boy-scout) est un peu suranné et date le livre.

Au final une lecture mineure mais agréable qu’on peut dénicher chez un bouquiniste.

2016 : Voir le billet sur Nathalie Hennerberg, et le dossier que Galaxies lui avait consacré. On verra que Pierre, dans les commentaires, avait raison de rattacher cette histoire à la biographie de Nathalie Henneberg.