« J’avais rêvé avant mon départ en permission que ces six jours seraient pour moi six jours trop courts de bonheur, et que partout je serais reçu les bras ouverts ; je pensais, avec juste raison je crois, que l’on serait aussi heureux de me revoir (...). Je me suis trompé ; quelques-uns se sont montrés franchement indifférents, d’autres (...) m’ont presque laissé comprendre qu’ils étaient étonnés que je ne sois pas encore tué. (...)

Je vais donc essayer d’oublier comme on m’a oublié, ce sera certainement plus difficile (...) Maintenant je vais me sentir bien seul. Puissent les hasards de la guerre ne pas me faire infirme pour toujours, plutôt la mort, c’est maintenant mon seul espoir. »

Gaston Biron,
tué à 31 ans en septembre 1916,
lettre à sa mère du 14 juin 1916,
cité dans Paroles de Poilus