Chouette, il ne sera pas trop tard pour celui-là. Trois ans et demi après, je m’aperçois que la planification a échoué. Bah, la bonne science reste intemporelle [1].

Comme d’hab, j’italique mes commentaires et impressions conscients, les caractères normaux n’incluant que mes biais inconscients.

Didier Nordon

  • La TSF avait un fil... électrique. Le fil est partout, et il réapparaît ailleurs après chaque victoire.
  • Idée géniale : faire rédiger les programmes scolaires par des enseignants d’autres matières. Finis les programmes surchargés !
    Et toute passion serait expurgée de chaque matière.
  • Une erreur minime peut ruiner une œuvre scientifique. La littérature encense des œuvres mêmes imparfaites.

Le Boson de Higgs

Ce ne sera pas cette fois-là que je comprendrai vraiment ce qu’est ce boson.

Le premier article résume les étapes de la découverte de la physique des particules depuis un siècle : atome, noyaux, électrons, protons, neutrons, neutrinos, positron, pions, leptons, hadrons, bosons, fermions, quarks... Bon aperçu mais j’ai perdu pied au moment de la « voie octuple » et surtout de la « brisure de symétrie ».

Le second voit plus loin, après avoir décrit une partie de la machinerie du LEP. À raison de 20 millions de collisions proton-proton par seconde, et une chance sur 65 milliards de produire un Higgs, le problème revenait à chercher une irrégularité sur un bruit de fond [2]. L’étude des propriétés exactes se poursuit, ainsi que l’ajustement des modèles... dont certains pourraient avoir besoin de plusieurs bosons de Higgs, ou le décomposent ! Bref, y a du boulot. Une perspective effrayante : vue la masse détectée, le champ de Higgs ne serait pas dans son minimum d’énergie, et donc pourrait devenir instable, basculer et changer la physique de l’univers.
Cette fin du monde, je ne vois pas comment l’éviter, mais on devrait avoir plusieurs fois la durée de vie passée de l’univers pour réfléchir à la question.

Le biocarburant et les microalgues

L’article donne l’esquisse de ce qui sera peut-être le moyen de sauver le monde de la cuisson à l’étouffée par le CO2 : il est possible de créer du carburant à partir d’huiles sécrétées par des microalgues. Les microalgues se reproduisent facilement (tout possesseur de piscine le sait), tout est à présent dans le choix de technologies pour augmenter les rendements, réduire les coûts, dans la vente de coproduits... en espérant pouvoir industrialiser dans une ou deux décennies. Le coût de revient ? Bien malin qui peut le prédire, mais ce n'est pas gagné...

Rappel : les xylocarburants existent déjà, il faudrait que je vois ce qu’ils deviennent...

La coopération

L’entraide et la coopération entre animaux, pourtant destinés à se déchirer dans la lutte pour la survie du mieux adapté, gênait déjà Darwin pour sa théorie.

Un spécialiste de la théorie des jeux, Martin Nowak, ressort un de mes sujets de fascination des années 90, le dilemme du prisonnier, et l’apparition spontanée d’une stratégie « altruiste », dite donnant-donnant.

En poussant ses simulations informatiques, Nowak a vu apparaître aussi la clémence (pardonner des trahisons ponctuelles). Puis il a retrouvé et discerné cinq modes de coopération que l’on retrouve dans la nature :

  • réciprocité directe (« donnant-donnant »), avec l’exemple des chauve-souris qui se donnent mutuellement de la nourriture en cas de coup dur, et se souviennent de qui les a aidées ;
  • coopération spatiale : partage du travail ;
  • coopération entre génétiquement apparentés : elle explique l’engagement suicidaire des insectes sociaux, qui en fait aident ainsi à la diffusion de leurs gènes (ça me rappelle les théories sur le gène égoïste) ;
  • réciprocité indirecte : elle se base sur la réputation que les individus acquièrent dans un groupe ;
  • sélection de groupe : Darwin avait déjà noté que l’action en faveur du bien commun, et non d’un seul, rendait le groupe plus fort par rapport aux autres ; la sélection de groupe s’effectue donc un niveau au-dessus de l’individu.

Les humains, super-coopérants, exploiteraient à fond la première et surtout la quatrième stratégie. Notre obsession des interactions sociales, renforcée par le langage, marque cette importance de la réputation.

Suivent quelques remarques sur la « tragédie des biens communs », où personne n’a intérêt à se sacrifier pour la cause (« quelqu’un d’autre en profitera de toute manière » — justification de bien des lâchetés), et les moyens de parer à cela : publicité des actions altruistes, transparence, informations claires, émulation.

Un article qui aurait mérité de longs développements...

Divers

  • La copulation [3] des mouches peut leur être fatale : tout à leur joie, elles battent des ailes et attirent des prédateurs (chauve-souris...) alors qu’elle n’ont alors pas l’esprit à fuir.
  • Pour des raisons de distance au soleil croissante, la Terre subirait un refroidissement climatique de 0,3° par millénaire en moyenne.
    Bon, ça annulera le réchauffement du présent siècle dans 10 000 ans.
  • Une explication du rayon vert lors du coucher du soleil : l’atmosphère diffracte la lumière du soleil, d’autant plus qu’au couchant l’épaisseur traversée augmente. Les couleurs sont déviées différemment, le rouge l’étant le moins (mais il est encore visible alors que l'étoile est vraiment déjà couchée !), le bleu est absorbé par l’atmosphère, reste donc un peu de vert, fugitivement visible juste au moment de la disparition du rouge et du jaune.
  • Les cigarettes light sont aussi toxiques que les autres : les fumeurs aspirent juste plus.
  • Les salpes sont des bestioles étranges, importantes au sein du plancton marin, apparentées aux vertébrés.
    J’ignorais leur existence.
  • Grattage de crâne chez les paléontologues : comment, dans la Laramidia [4] du Crétacé, deux populations distinctes de dinosaures géants ont-elles pu évoluer, avec de tels effectifs ? Cela en dit long sur leurs faibles besoins énergétiques et la luxuriance de la région à l’époque. Les paléontologues continuent de creuser.
  • Les plaisirs du pavage du rectangle (article de Delahaye) m’ont laissé froid.

Notes

[1] J’ai de très vieux Science & Vie à la cave à chroniquer à l’occasion.

[2] Et je comprends mieux les fascinants articles sur l’informatique du LEP, forcée de filtrer agressivement des pétaoctets de données, et obligée de stocker des volumes fantastiques.

[3] Séquence racolage !

[4] Vous non plus vous ne saviez pas où (ni quand) c'était ? Wikipédia est votre ami.