Ceux qui ne suivent pas les blogs et sites de tendance « informatique libre/lutte pour le droit d’auteur raisonné » n’ont pas entendu parler de la loi DADVSI avant le 20 décembre (et encore). La loi originelle était une abomination, dont des interprétations pouvaient mener à l’interdiction des logiciels libres voire de tous les logiciels d’e-mail actuel. Voir entre autres le site de ODEBI ou celui d’EUCD.INFO.
Cette loi transpose, en pire, une directive européenne nommée EUCD, elle-même copie d’une loi américaine liberticide, la DMCA.

Le débat parlementaire a commencé sous le régime de la procédure d’urgence (un bel exemple de démocratie), mais les parlementaires ont pour une fois fait leur travail (ou n’ont pas écouté qu’un lobby) : à la grande fureur du ministre de la Culture et de la SACEM, ils ont ajouté à la loi le principe de la mise en place de la licence légale (en gros : quelques euros par mois offerts à la SACEM, et on peut profiter à donf’ de la gigantesque bibliothèques d’œuvres piratées du Net ; idée défendue notamment par Que Choisir). Maître Eolas résume le débat qui a eu lieu, c’est assez surréaliste, avec par exemple une Christine Boutin qu’on n’attendait pas là.
Quelle est, chez les députés, la part de démagogie, de réflexion, de crainte de voir sa propre famille touchée par les poursuites, à vous de voir.

Il ne faut pas crier victoire, et je me contenterai de conseiller de lire le blog de Bertrand Lemaire qui résume bien mon opinion : principe de la licence légale bancal ; nécessité d’assurer les revenus des artistes (et non des intermédiaires) ; horreur du DRM ; nécessité d’un vrai débat sur les droits d’auteur, sans parasitage de la part des majors.
Cet excellent auteur avait massacré la loi quelques jours auparavant.

Autre billet important, celui de Tristan Nicot, plein de liens sur le sujet. (C’est le même dont le fils de 8 ans a vu son Noël gâché par du DRM sur un CD et qui aura sans doute retenu la leçon que ça ne marche pas[1]).

Pour finir sur un sourire, un dessin de Cointé sur le sujet.

Notes

[1] Et moi pendant ce temps, j’attends que JHymn fonctionne avec iTunes 6 pour pouvoir racheter des morceaux chez Apple ; avec le DRM ils sont pour moi inutilisables, et pourtant je veux acheter ! :-( (Mise ) jour des années plus tard : Cette époque est révolue, Amazon ou la Fnac vendent enfin des MP3 comme ils auraient dû pouvoir le faire une demi-décennie avant la publication de ce billet.)