Contentement d’avoir des beaux-parents dans cette belle région.

Calme d’une escapade à deux sans le petit Rémi.

Vent à décorner les bœufs à la pointe de Trévignon. Absorption massive d’iode.

Rentabilisation des chaussures de marche sur les sentiers côtiers ; investissement judicieux.

Joie ineffable de la petite ballade dans quelques centimètres d’eau de mer, soulagement du massage par le sable fin des pieds libérés de leur carcan de marche.

Plages désertes de Français le matin, seuls les Anglais peuvent se baigner à cette heure par ce temps en ce pays.

Étonnement, les pieds dans l’eau fraîche, le jean retroussé, de se voir apostropher par un petit Britannique haut comme six pommes en combinaison néoprène : “You don’t have a swimsuit?!” “I don’t swim!” “You can’t swim??”.

Élaboration de plans pour émigrer dans ce beau pays ni trop chaud ni trop froid et pas si loin. (Obstacle principal : les règles de mutations rigides de l’Éducation Nationale pour ma douce.)

Ébahissement du petit Rémi devant les talents en génie civil (option « plages et pâtés ») de ses parents (la mer montante a finalement eu raison du gros château et des canaux et tas d’algues qui le protégeaient).

Regrets ce matin du préposé à la sécurité de l’aéroport, qui n’a pas le droit de laisser passer en cabine l’arme de destruction massive qu’est la petite fourchette du petit Rémi[1]. (Le couteau à beurre, lui, a pu passer.)

Abattement devant la hauteur dont l’herbe du jardin a poussé en une semaine (et je ne parle pas des troënes).

Soupir en voyant approcher la rentrée.

Notes

[1] J’ai appris à cette occasion que même les hôtesses et pilotes n’ont pas droit aux instruments contondants. Même le pilote, oui, qui pourtant a une hache quelque part dans son cockpit.