Une perle de sagesse rencontrée au fil du web :

« Devenu pilote, je suis devenu un partisan convaincu des checklists et je les lai intégrées à mon travail en informatique. Je fais des checklists pour les processus de livraison de logiciel, les installations de frameworks, les changements de cartouche de toner, etc. Puis je demande à quelqu’un de l’équipe de les exécuter pendant que je regarde par-dessus leur épaule. Puis je les améliore et les place dans un répertoire public. Mes vacances ne sont plus jamais interrompues. »

devonbowen, Slashdot.org, 8 décembre 2008

Même si je hurle souvent contre les process formalisés à l’extrême qui ne laissent aucune latitude à un être humain, c’est l’excès et la déshumanisation qui me hérissent, pas la formalisation de connaissances ni la mise en place de listes d’actions pour un but donné. Au contraire !

J’ai trop souffert dans pas mal d’endroits à réinventer la roue, remettre en place des processus de livraison jamais formalisés avant moi — et j’ai bien sûr négligé ensuite de les mettre par écrit une fois assimilés. Le piège est double :
- ce qui est répété tous les jours n’a pas vraiment besoin d’être formalisé (en tout cas le besoin n’est pas évident) ;
- ce qui est fait rarement ne vaut (apparemment...) pas la peine d’être tracé, sans rentabilisation du temps investi.

Évidemment, on est plus motivé (ou on devrait l’être) quand plusieurs personnes alternent dans le même rôle : une liste empêchera les autres d’oublier (encore !) ci ou ça. Oui, suivre une liste est un supplice pour un impatient comme moi, et la tentation guette de sauter des items ; mais si un pilote d’avion hyper-entraîné a besoin de sa liste, alors le commun des mortels ne peut négliger l’outil, même sans charge d’âme.

Je dirais que plus l’opérateur est impatient, multitâche, chargé de tâches de conception, non répétitives, plus la liste est nécessaire, et plus il faut mener la liste à deux pour limiter les risques de « triche » plus ou moins consciente.

Exemple parfait : la livraison de différentes versions d’un logiciel. Je ne connais aucun processus idéalement automatisé sans une doc à mettre à jour manuellement, un test impossible à réaliser par la machine... Je me dis que les wikis sont particulièrement bien adaptés aux checklists, notamment avec la facilité de rajouter telle étape oubliée ou tel nouveau contrôle à faire.

Les checklists sont à la mode : sous pression de l’OMS, elles vont devenir obligatoires dans les blocs opératoires français. Même pour des chirurgiens archi-formés, en équipe, la fréquence des interversions de bras amputés et des oublis de compresses fait frémir.

D’ailleurs la checklist se révèle encore plus capitale en équipe : il y a trop de risques que l’un se dise que l’autre va faire ci ou ça, et trop de distractions liées à la communication. (Toutes les plaquettes de prévention sur la noyade en piscine privée invitent à désigner explicitement un responsable de la surveillance des enfants.)

Un peu de rigueur basique pour pas cher. Rares sont les outils avec un tel retour sur investissement.

PS : Je cherche une meilleure traduction pour checklist que « liste de contrôle ». Fichu anglais avec ses noms courts hyperpratiques.

Application :

  • Catégorie : OK
  • Programmation du billet : oups, j’avais oublié. Oui, c’est bien dans le futur.
  • URL : OK
  • tags : OK
  • Titre : OK
  • Chasse aux apostrophes droites et aux guillemets droits : OK
  • Prévisualisation et chasse ax fuates de frppes : OK
  • Première traque des verbes faibles : OK
  • Traque des répétitions inutiles verbeuses qui ne servent à rien qu’à répéter : OK
  • Traque des subordonnées trop lourdes, des subordonnées, des « on », des voix passives : OK
  • Relecture à tête reposée : À FAIRE (FAIT EN 2011)

(Tiens, encore une idée de plugin pour Dotcleår que je n’aurai jamais le temps de programmer.)