Petit numéro, plus par la viande qui manque autour des sujets que par les sujets eux-mêmes. Comme d’habitude, les remarques purement perso sont en italiques.

Gaz de schistes

Gilles Pijaudier-Cabot, chercheur, parle longuement des gaz de schiste. En résumé :

  • Le prix du gaz a chuté aux États-Unis grâce aux gaz de schiste, et contribué à une réindustrialisation (pétrochimie). Les États-Unis redeviennent exportateurs.
  • Dans le monde, les réserves seraient d’un tiers du gaz exploitable. En France et en Europe les possibilités sont très aléatoires (facteur 100 d’incertitude !), et les Polonais ont pas mal déchanté.
  • En France, la situation est bloquée car l’État délivre les permis, et toute entreprise qui chercherait à explorer voudra forcément rentabiliser son investissement en exploitant. L’exploration du sous-sol est au point mort. On pourrait tout de même chercher tout de suite où les installations de surface polluantes seraient acceptables ou non.
  • La pollution directe ne devrait pas être un problème : la technique consiste à injecter de l’eau entre 1000 et 2000 mètres de profondeur alors que les nappes sont autour de 100 mètres... à condition que les puits soient étanches, ce qui coûte cher !
    De même, l’eau récupérée doit être dépolluée et traitée : cela réclame beaucoup d’installations et de place. Il ne doit pas y avoir de fuite de méthane, si les bonnes pratiques sont respectées.
  • Le risque sismique (affaissement de roches) est faible mais réel, comme dans l’exploitation traditionnelle. On n’a pas encore de recul sur l’impact de toute l’eau ajoutée en profondeur, qui y reste en bonne partie, et qui pourrait modifier le comportement de la roche, dans des décennies.
  • Se rappeler que le gaz naturel génère moins de dioxyde de carbone que le charbon.
  • Dans les recherches en cours, l’amélioration, la compréhension et la fiabilisation de la technique de fracturation actuelle prime sur la recherche d’alternatives.

Décryptage du cerveau

La une est réservée à cet article sur l’exploration du cerveau, et les techniques en développement : imagerie par ADN, analyse des monstrueuses masses de données générées... Il manque un peu de recul.

Gaz galactique

On sait enfin modéliser la formation des étoiles au sein d’une galaxie. Tâche difficile, car les phénomènes se jouent à plusieurs échelles différentes. Au final, le gaz se contracte à cause de la gravité, et se redisperse à cause du vent de particule des étoiles.

Épidémies 2.0

La spectrométrie de masse appliquée à l’ADN couplée à des bases de données permet de créer des détecteurs de pathogènes rapides et efficaces. L’auteur prêche pour la mise en place d’un réseau de détecteurs dans les hôpitaux, qui permettrait de détecter bien plus vite une épidémie, une attaque bioterroriste ou une contamination grave. Quelques dizaines de millions de dollars d’investissement en économiserait des milliards.

J’ai découvert là l’« effet entonnoir » : les patients sérieusement atteints se dirigeant d’eux-mêmes vers les urgences, où les médecins peuvent rapidement sélectionner les cas suspects. Au final, très peu de détecteurs dans les hôpitaux couvrent une très large population.

Pyramides de Ponzi dans l’économie

(Article extrêmement frustrant qui manque d’exemples et de développement) Ponzi comme Madoff payaient les intérêts à leurs premiers clients avec le capital des derniers pigeons ; cette escroquerie existe depuis une éternité. Un tel système s’écroule fatalement un jour. Hors cette structure de pyramide se retrouve dans nombre de domaines, alimente des bulles spéculatives, voire peut s’avérer un modèle économique.

Une bulle financière se rapproche d’un système de Ponzi « naturel », où l’anticipation joue le premier rôle (exemples : l’immobilier à bien des périodes, la bulle autour de l’or récemment...). Il suffit que certains achètent juste parce qu’ils estiment qu’un bien va prendre de la valeur.

Des entreprises légitimes en difficulté, voire des gouvernements, pariant un peu trop sur l’avenir, en viennent parfois à un système de pyramide. Difficile de lutter contre cela sans effet sur les activités saines.

Offrir des stock options pour compenser un salaire bas ne fonctionne que pour les entreprises en croissance rapide, dont la chute peut être brutale quand les dettes s’accumulent.

Légiférer n’est pas si facile : une entreprise peut démarrer de manière très aventureuse puis, avec de la chance et du talent, stabiliser sa croissance. La règlementation est de plus en plus complexe.

Le syndrome du too big to fail n’aide pas : la pérennité de la pyramide est garantie pour les plus gros bonnets, au dépens du contribuable !

À suivre...