C’est l’inépuisable XKCD qui a attiré mon attention là-dessus. La page web ultra-minimaliste des débuts fait à présent 20 ko (l’équivalent de 20 pages d’un livre, oui), est constitué apparemment de scripts divers, sans espace inutile et aux noms de variables minimalistes pour réduire la taille (qui doit être dans le cache de milliards de navigateurs et proxys) et obfusquer le code ; de styles CSS inclus dans le HTML pour ne pas avoir à charger des scripts externes ; de parties dédiées à la pub ; de code de gestion des cookies pour espionner l’utilisateur.

Je suis déçu : le nouveau logo est une image de 5 ko (sans doute elle aussi un des éléments artistiques les plus dupliqués de toute l’histoire humaine), pas un bout de code informatique.

Tim Berners-Lee avait-il prévu cela quand il a créé le web ? À l’époque, le code HTML, il se le paluchait à la main et ça mettait longtemps à voyager dans des modems à 28,8 kbps. La page aurait mis au moins trois secondes à s’afficher sur les réseaux de 1995. Je n’arrive pas à retrouver un exemple de la vieille page d’Altavista de 1998, bourrée de pubs et informations (c’était la mode des portails). Les plus jeunes ici ne se souviennent pas du choc que Google, simplissime et effroyablement rapide à charger, a représenté à cette époque.