Heinrich Böll[1] est un des principaux écrivains allemands d’après-guerre (Prix Nobel notamment). Le train était à l’heure (Der Zug war pünktlich) est sa première nouvelle parue.

En 1943, un soldat allemand repart au front en train, avec la certitude qu’il mourra avant son arrivée, il ne sait comment. Il rencontre d’autres soldats (aux histoires assez tristes) et les suit dans une virée en Galicie ; puis croise une prostituée qui travaille pour la résistance polonaise. On s’en doute, cela finit mal ; la littérature allemande sur cette période est rarement optimiste. Mais c’est bien écrit, dans un style simple. L’intérêt principal réside dans cette page d’histoire peu connue en France (l’Europe de l’Est occupée), vue depuis la « base ».

Les autres nouvelles ont souvent la guerre aussi comme cadre, avec ce pessimisme systématique quant au sort des malheureux soldats ; ou bien elles se déroulent dans l’immédiat après-guerre, qui ne fut pas rose pour les plus humbles. Ce sont les thèmes principaux de l’œuvre de Böll.

Un peu à part, la nouvelle Les brebis galeuses (Die schwarzen Schafe) est assez réjouissante et optimiste : l’original-parasite-bon-à-rien d’une famille parle de l’héritage de son oncle et de la transmission de sa qualité de brebis galeuse.

Références : Nouvelles parues entre 1947 et 1954. Mon édition est une version poche de celle de 1967. L’édition bilingue, chez Folio également, ne semble reprendre que la nouvelle-titre.

Notes

[1] Voir aussi l’article Wikipedia allemand.