Il était une fois un petit webmestre

Online n’était pas un mauvais hébergeur quand je l’ai choisi il y a des années. Peu de problèmes jusque récemment, je le recommandais. Les faibles besoins du site, et la modicité de la somme en jeu (~30 €/an pour du mutualisé) par rapport au coût en temps d’une migration, ne m’ont pas poussé à aller voir ailleurs si l’herbe était plus verte.

Depuis le début de l’année ça déconnait pourtant plein pot : POP absent un week-end par mois ; manifestement il fallait attendre que le personnel revienne travailler le lundi pour que cela se règle (en tout cas, c’était l’impression retirée) ; DNS parfois flagada ; puis des lenteurs sur la base SQL et donc le présent blog. Rien de gravissime, le site n’est pas critique.

Horreur sans nom

Et puis l’intolérable : des “user unknown” crachés à la figure de gens coupables d’avoir osé m’envoyer un email à mon adresse en courtois.cc.

Un DNS en transe, ou un serveur de mail en catatonie, ce n’est pas la fin du monde : la justification d’un logiciel de transfert de mail est justement de s’assurer qu’un message parvient bien ; si le serveur du destinataire a des vapeurs on refait une tentative plus tard, pendant cinq jours en général, et si le problème s’avère passager, le mail finit par arriver à bon port[1]. La Poste a bien délivré une lettre postée en 1910, mieux vaut tard que jamais, je n’en ai pas souffert, et j’étais content.

Mais un “user unknown” ne permet pas ça. C’est l’équivalent du postier qui dit « désolé, connais pas à cette adresse. » Le serveur de l’expéditeur, naïf et docile, se dit que ce n’est pas la peine de retenter l’expédition (quoique certains softs seraient plus finauds ?), et c’est retour à l’envoyeur sans autre forme de procès. Il y a non délai à la livraison mais perte du mail.

Et moi qui avait décidé de faire héberger courtois.cc par un pro, alors qu’il ronronnait peinard sur un Pentium 75 dans mon salon autrefois, pour éviter des pannes dues à mes propres turpitudes ou au décès de ce fossile[2]... Certains sur fr.reseaux.internet.hebergement semblent se demander si ce quasi-sabordage d’Online n’est pas lié à la mise en place d’un service concurrent d’hébergement hard discount du même groupe[3].

(Pour la petite histoire, j’avais commencé à gérer moi-même mon mail (POP, SMTP) quand Noos décidait de répondre “disk full” à mes envois de mails, et de retarder de plusieurs heures ou jours la réception des arrivants.)

Choix

Bref, poussé par l’urgence, j’ai scanné la concurrence, lu les réputations diverses, foncé au moment où une nouvelle vague de rejets de mails a sévi. Je ne pensais pas qu’il existât une telle pléthore de petits hébergeurs. J’ai choisi Sivit, apparemment bonne réputation, prix correct, et dominante geek du personnel si j’en crois la manière dont les docs sont rédigées. On verra à l’usage, ça peut difficilement être plus mauvais qu’Online. Déjà le support est bon, j’avais fait une faute de frappe dans le nom du domaine à héberger[4] : corrigé avant 24h :-)

Migration

Paramétrage des comptes courriers et alias ; recopie du site sur le nouveau serveur ; mise à jour des scripts de récupération automatique du mail depuis le Pentium 200 du placard[5] ; changement des DNS sur l’enic.cc[6] : au final, ça roule, et de manière plus rapide que prévu. En quelques minutes les premiers spams arrivaient sur le serveur IMAP de Sivit, et le reste a suivi dans les 24-48h.

Pour le blog, ce fut plus laborieux. Je n’ai pas vu d’option de migration de Dotcleår. La technique la plus simple semble la réinstallation de zéro du blog, et le rechargement des tables depuis la sauvegarde de la base MySQL de l’ancien serveur.
Gros contretemps tout de même lors de la réinstallation des plugins de Dotcleår : le SAFE_MODE me hurle dessus que les utilisateurs ne collent pas. Il faudra que je fouille. Réussi à faire fonctionner Spamplemousse, c’était le plus critique, et de loin. BBclone (stats) attendra.

Mise à jour du 21 novembre 2006, confirmée janvier 2009 : Toujours pas à me plaindre de Sivit, tout roule.

Notes

[1] Sans jeu de mot volontaire.

[2] Fossile déjà à l’époque, si.

[3] Proxad pour ne pas le nommer, le groupe de Free.

[4] Murphy adore ces situations où on agit dans l’urgence.

[5] Plus le temps passe, plus je m’interroge sur l’utilité réelle de cette phase, notamment en cas de panne de cette machine...

[6] Dans ce cas de pavillon de complaisance aux Îles Coco, je n’avais pas le choix ; mais il faut toujours séparer le gestionnaire du nom de domaine de l’hébergeur du site. Pour un site en .com, .fr, .org..., acheter par exemple chez Gandi.