Contrairement à l’actuel clown, McCain sait au moins ce qu’est la guerre, il a fait le Vietnam comme aviateur puis prisonnier. (Il ne serait pas le premier Président à être passé à deux doigts de se faire tuer pendant une guerre : Bush senior et Kennedy ont été respectivement abattu en vol et coulé, tous les deux dans le Pacifique.)

Avant même son baptême du feu, McCain crashe deux avions (au Texas et à Norfolk, deux fois à cause du moteur). Il fait connaissance avec une ligne à haute tension espagnole (détails sur Wikipedia). C’est peut-être le conséquence d’un goût plus prononcé pour les livres d’histoire que les manuels d’aviation — pas forcément un mauvais point pour un politique.

Il est affecté au Forrestal, porte-avions impliqué dans les opérations au Vietnam : le navire flambe accidentellement ! McCain commence sa carrière publique comme acteur involontaire dans le film de la catastrophe, devenu par la suite un classique de la formation au damage control (134 morts tout de même).

Le Forrestal en plein ''damage control''.

McCain opère ensuite à partir d’un autre porte-avion, toujours au-dessus du Vietnam. Mais le poste de pilote de bombardement n’est pas moins risqué que celui de troufion pataugeant dans la jungle. L’avion de McCain est abattu par un missile anti-aérien : notre héros tombe alors dans un lac et par la même occasion dans les mains des Vietnamiens, dont la conception de l’hospitalité envers les prisonniers de guerre qui leur larguent des bombes dessus est voisine de celle des Japonais envers les Américains dans le Pacifique. Trois membres cassés ne lui valent pas l’hôpital mais un lynchage par la foule, puis la prison et l’interrogatoire.

McCain repêché au Vietnam.

Sa survie est probablement due au fait que son père pointait aussi dans la Navy comme amiral, et que les Vietnamiens préférèrent garder cette carte en vie. Il est tout de même torturé pour quelques informations qu’il invente au fur et à mesure.

Mal soigné, McCain ne doit normalement pas passer la semaine dans le camp de prisonniers où il se retrouve ; mais il est encore là cinq ans après, ayant refusé d’être libéré avant d’autres plus anciens (first in, first out). Résistant à d’innombrables séances de tortures, il cède quand même et enregistre une « confession » qu’il fut bien le seul à juger déshonorante vues les conditions.

Libéré à la fin de la guerre, il retrouve sa femme, elle-même handicapée à cause d’un grave accident de la route pendant son emprisonnement. Le mariage ne résiste pas à toutes ces épreuves.

C’est un petit miracle qu’il obtienne à nouveau le droit de voler, et sa carrière militaire dure encore quelques années. Puis il entame une carrière politique dans le sillage des Reagan.

Le problème d’avoir des amis conservateurs est que certaines choses passent mal : par exemple une fâcherie avec lesdits Reagan à cause de son divorce ; ou encore, pendant les primaires de 2000 contre Bush fils, des ragots (téléguidés ?) sur la fille qu’il aurait eu hors mariage avec une Noire, alors qu’elle provient d’un orphelinat indien de Mère Thérésa (et avoir embelli l’affaire provoque d’ailleurs un mini-scandale en pleine campagne présidentielle, mais au moins cela vient du camp adverse).

Bien malin qui peut dire comment Murphy veillera sur sa fin de carrière, mais je le vois bien perdre à l’arrachée devant Obama. (Mise à jour post-électorale : Et bien non, il a nettement perdu, une vraie râclée, n’ayons pas peur des mots.)

Une citation pour finir :

Do not call me a ‘war hero’...I am anything but! The fact that I was incompetent enough to get shot down twice in war should dissuade you from that fact.