J’ai vu les anneaux de Saturne directement, sans intermédiaire. Des photons se sont tapés trois heures-lumières depuis la surface du soleil jusque ma rétine via Saturne, ses anneaux et le miroir de mon télescope, et tout ça pour mon plaisir esthétique à moi [1].

saturn.gif Rien à voir évidemment avec les images des sondes Voyager comme ci-contre, juste de quoi comprendre pourquoi Galilée pensait que cette planète avait des « oreilles » il y a quatre siècles presque tout ronds [2].

Avant-hier soir, comme il était hors de question de se coucher avant une heure avancée vue la chaleur, j’ai eu le plaisir de mettre réellement en fonction mon télescope tout neuf sur ma terrasse toute neuve. Dans mon environnement saturé de pollution lumineuse et à la ligne d’horizon très encombrée de bâtiments, il n’y avait pas beaucoup de cibles possibles, mais les plus impressionnantes restaient disponibles : la Lune, avec ses cratères finement découpés, et Saturne.

Je pointe encore l’appareil au feeling et à la lunette d’approche, il va falloir que je me joigne à un club astronomique pour espérer pouvoir le régler un jour sur des cibles moins évidentes que Véga, Saturne ou la Lune. Et que j’installe la monture équatoriale pour que l’étoile péniblement repérée ne quitte pas le champ avant que toute la famille ait pu l’admirer. Et que j’installe l’appareil photo dessus. Et que j’aille un soir au fond des Vosges admirer la Voie Lactée. [3]

Un grand merci à Google Sky Map au passage.

Notes

[1] Explication assez égocentrique de l’existence de l’univers, mais basta, il y a forcément une part de cela dans tout émerveillement scientifique.

[2] Et avec une lunette bricolée Dieu sait comment, quand mon télescope est une petite merveille de précision et d’ingénierie : franchement j’admire ce qu’arrivaient à faire les Anciens.

[3] Comme si je n’avais que ça à faire. Mais un rêve de gosse a priorité sur le reste.