Les compte-rendus d’intervention et les éventuels fragments de manuels de formation que je rédige à titre professionnel ces temps-ci, et de sporadiques billets de blog, n’ont guère de valeur littéraire. L’orthographe, fautes de frpae exclues, à peu assurée, la typographie de base au moins considérée dans ses bases, restait l’emplacement du point-virgule, du double-point et de cette damnée virgule. D’où l’achat de ce livre.

Jacques Drillon : Traité de la ponctuation française (Gallimard) Si l’éclairage fut réel sur certains sujets comme la parenthèse, le crochet, les points de suspension, je doute d’être plus certain de mes virgules dans le futur. Les plus de cent pages et cent quarante cas d’utilisation mélangent parfois plus les idées qu’ils ne les éclaircissent.

Je pense au moins avoir saisi la différence entre propositions explicative, [virgule] qui ne peut être supprimée sans modifier le sens de la phrase, et déterminative, [virgule] qui ne peut en être retranchée. Application dans les billets [pas de virgule] qui viendront. Le cas des incises, dont, je sais, j’abuse, est à peu près clair.

Par contre, il est tout aussi clair que l’usage a varié moultes fois depuis le Moyen Âge, depuis le n’importe-quoi du XVIIe siècle à l’explosion (sens nihiliste) de la ponctuation au XXe en passant par la dictature des typographes du XIXe. Nombre de cas sont arbitraires, tordus, limite, parfois pure affaire de style. Un des mérites du livre : quelques exemples de choix de ponctuation qui altèrent le sens et le rythme (on sent l’admiration pour Céline et ses points d’exclamation et suspension ; je trouve cela pénible). Les plus grands auteurs sont cités, parfois fort lointains.

La perspective historique et les piques envoyées de-ci de-là allègent le pavé. On sent poindre un certain regret que la ponctuation soit assez négligée de nos jours malgré son importance dans une langue aussi subtile que la nôtre — il faudra que je compare avec l’allemand, tiens[1], mais c’est valable pour tout ce qui semble règles arbitraires et carcan de traditions — pas toutes inutiles ou infondées. Mais Drillon s’insurge régulièrement contre certaines lois imposées par les purs typographes.

Paradoxalement, la situation doit être meilleure qu’au moment de la parution (1991) : il suffit de se poser une question sur une orthographe, une ponctuation, une tournure, [virgule] et un moteur de recherche renvoie vers la page adéquate de l’Académie [pas de virgule] ou d’un maniaque de la langue.

L’index en fin de volume sera fort utile et je pense m’y référer assez souvent...

Note

[1] L’anglais que je lis est majoritairement rédigé par des non-natifs, c’est sans espoir.