(Billet mis à jour en 2025 avec les trop nombreuses notes de bas de pages ramenées dans le texte en italique.)

Certains parlent de discrimination positive comme moyen de lutter contre le racisme et autres formes de mise à l’écart plus ou moins consciente, plus ou moins évidente, de parties entières de la population — en premier lieu les descendants d’immigrés « colorés » (terme lui-même débile, certains Arabes ou Asiatiques étant plus blancs — en fait roses — que moi, dont les origines françaises doivent remonter au Néolithique).

Je serais par nature enclin à n’accepter la discrimination positive que pour les critères indépendants de la culture, de l’héritage, des qualités humaines et de l’aptitude à changer soi-même, donc en faveur des femmes dans certaines circonstances, ou sur critère financier, mais je me trompe peut-être.

Mais si la discrimination positive s’impose, je trouverais logique d’imposer des quotas :

  • de nabots comme moi dans les entreprises ;

  • de provinciaux dans les conseils d’administration parisiens ;

  • d’alsaciens, basque, corses, ch’tis, lorrains avec un accent (même léger) parmi les présentateurs du journal de 20 heures ;

  • de sourds et muets parmi les chanteurs et musiciens ;

  • de moins de quarante ans au Parlement ;

  • de blancs dans l’équipe de France d’athlétisme ;

  • de noirs dans celle de ski ;

  • de candidats de télé-réalité avec un QI supérieur à 80 ;

  • d’handicapés mentaux parmi les candidats de Questions pour un champion ;

  • de joueurs de moins d’un mètre soixante-dix dans les équipes de basket professionnelles ;

  • de « techniciens » (ie pas d’avocats ou professionnels de la « com’ »…) au Parlement et au gouvernement ;

  • d’hommes parmi les sages-femmes ;

  • d’hommes parmi les instituteurs de maternelle (_les implications œdipiennes de l’absence actuelle d’une figure « paternelle » à l’école maternelle, et au-delà également dans une moindre mesure, sont laissées au lecteur en exercice) ;

  • de linuxiens parmi les revendeurs de matériel informatique grand public ;

  • de gens qui savent de quoi ils parlent parmi les journalistes (il est angoissant de découvrir que, quand on connaît le sujet rapporté par un journaliste, on trouve souvent qu’il raconte beaucoup de bêtises…) ;

  • de personnages positifs de plus de quarante ans dans les films pour adolescents, hors rôle caricatural des grand-parents ;

  • de boudins de moins d’un mètre cinquante et plus de cent kilos dans les clips vidéos de rappeurs de MTV ;

  • de mecs petits, gros et moches parmi les simili-chanteurs pour minettes ;

  • de noirs et d’asiatiques parmi les héros de films de cape et d’épées ;

  • de serveurs blancs ou noirs dans les restaurants chinois (_soyons honnête, j’ai déjà vu ça) ;

  • de gamins orthographiant correctement le français parmi tous les utilisateurs de MSN et des SMS (Note de 2025 : oui ce billet date mais le problème perdure, même si, honnêtement, c’est le cadet de nos soucis actuels) ;

  • de personnes non soumises aux quotas dans les catégories soumises aux quotas ;

  • d’handicapés moteurs parmi les athlètes des Jeux Olympiques (ce qui reviendrait tout bêtement à faire se dérouler les Jeux Paralympiques en même temps que les autres) ;

  • d’autodidactes dans le corps professoral (surtout à son sommet) ;

  • de femmes parmi les prêtres, toutes religions confondues ;

  • de maladroits complets parmi les super-héros de films hollywoodiens ;

  • de gens honnêtes parmi les vendeurs de cuisine ;

  • de diplômés bac+5 dans les effectifs de la maréchaussée « de base » ;

  • de smicards et de non-diplômés (comprendre : « non formatés par le système ») à tous les échelons des hiérarchies gouvernementales ou de grandes entreprises ;

  • de petits entrepreneurs parmi les lobbystes bruxellois ;

  • d’espérantistes et autres locuteurs de langues délaissées à la télévision et la radio ;

  • dans la presse informatique, de journalistes sachant écrire un article, et non copier-coller des communiqués de presse ;

  • de gens de la direction parmi les victimes de tout plan social ;

  • d’hommes parmi les caissi(è)r(e)s de supermarché ;

  • d’adultes sachant débattre et discuter, sans s’insulter ni hurler comme des gamins de maternelle, parmi nos députés (au moins le mercredi devant les caméras) ;

  • de films étrangers en version originale à la télé, sur toutes les chaînes ;

  • de crédibilité dans tout scénario hollywoodien ;

  • de femmes aux mensurations normales et d’hommes avec bedaine dans les publicités ;

  • de gens responsables parmi les publicitaires et leurs commanditaires ;

  • de pacifistes parmi les militaires ;

  • de blogueurs qui lisent les blogs des autres au lieu de déblatérer des âneries du genre de ce que vous êtes en train de lire (si vous tenez un blog, merci pour votre participation au quota) ;

etc.

(Fin du mode provoc’)