Qu’est-ce que c’était bien, ces quelques jours à Berlin fin octobre ! Depuis le temps qu’on en parlait à la maison. [1]

Pas seulement parce que le temps était dangereusement[2] superbe.

Mais il s’agit d’une capitale d’un des plus puissants États du monde, et il y a beaucoup moins de stress qu’à Paris.

Peut-être parce qu’en mode touriste, on est toujours plus cool ? Mais je suis toujours à Paris en mode touriste, même pour le boulot.

Peut-être à cause des masses de touristes en mois ? Il y a pas mal de monde autour de la Porte de Brandebourg ou du Reichstag, un bon lot de magasins aimants à touriste, mais rien d’étouffant. Et le reste de la ville est plus paisible.

Peut-être à cause du Tiergarten, de ce gigantesque parc au milieu ? Et même pas surpeuplé. [3]

Peut-être qu’il y a juste moins de monde. La ville fait 3,6 millions d’habitants, pas loin du double de Paris, mais sans les 10 millions supplémentaires autour. Cela doit jouer sur la population en ville à un moment donné. Surtout que Berlin n’est pas le poumon économique de l’Allemagne, loin de là.

Peut-être qu’il y a moins de voiture. Apparemment moins de bouchons. Les routes sont peut-être plus larges, mieux fichues. Entre la guerre et les gigantesques opérations immobilières à la chute du Mur, il y a eu plus d’une occasion de revoir à fond l’urbanisme. De toute façon, les Allemands de l’Ouest n’avaient pas arraché leurs trams comme nous, et à l’Est les transports avaient été privilégiés.

Peut-être grâce au métro. Dans les petites stations, juste un escalier et on est déjà sur le quai. Ni pont-levis ni champs de mine pour éviter les resquilleurs, juste un composteur dans un coin. Comme dans un tram, quoi. Oui, nous nous sommes fait contrôler une fois.

Le zoo ? Sympa. Je ne pensais pas les pandas aussi cabotins.

Les restaus ? Il y a ce qu’il faut, y compris des restaus italiens, surtout des restaus italiens. Hallucinant. Il faut vraiment le vouloir pour manger allemand. Et pas très cher (mais ne pas oublier le pourboire en sus).

Non, pas de musée. Il faisait trop beau. On a aussi pensé aux balades dans les îles au bord de la Spree, mais c’était tout de même un peu loin et couru.

Les belles avenues ? Il y a deux fois l’équivalent des Champs-Élysées : Unter den Linden, impériale, bordée de monuments prestigieux ; et le Kurfürstendamm, vitrine de la société de consommation autrefois en territoire hostile. Deux salles, deux ambiances.

Mais oublions la propreté. Certains coins avaient besoin d’un bon coup de balai. [4]

Oublions aussi l’Alexanderplatz. Je ne mets pas de photo parce que ce mélange du « meilleur » de l’architecture socialiste relooké avec le « meilleur » des chaînes de magasin capitalistes mérite sans doute qu’on rase tout à nouveau. Même la tour de télé, fierté de la RDA, jure car elle n’est pas dans l’alignement de la porte de Brandebourg et d’Unter den Linden.

Quant aux trains... Trois trajets ne sont pas représentatifs mais à l’aller avec un collègue nous avons eu 2h de retard ; ma moitié et la petite ont dû prendre leur correspondance pour le même train dans une autre gare  ; et au retour ensemble, même chose, avec le stress de se retrouver dans un fauteuil réservé par quelqu’un d’autre sur ce segment. Rien de grave au final mais tout de même…

J’ai connu Berlin un peu avant la chute du Mur, avec les miradors pour touristes ; pleine de grues quelques années après la chute ; et plus bucolique ainsi.

Notes

[1] Mais y avait toujours autre chose, c’était loin, et puis le Covid...

[2] Réchauffement climatique, tout ça.

[3] Et il y a un piège : malgré son nom, il n’y a pas d’animaux, à part les chiens des promeneurs.

[4] En fait, je doute que ça puisse être différent dans n’importe quelle ville aussi dense hors du Japon ou Singapour.