Ce billet est classé dans les « étagères alourdies » bien qu’il fasse partie du projet « allégeons-les du surplus ». Mais comme on le verra je ne suis pas prêt de les vider.

Tout amateur d’ebooks[1] trouvera ce qui suit naïf : je découvre le domaine.

Pourquoi ?

J’ai toujours eu un doute sur l’utilité d’une liseuse dans mon cas personnel. Je ne passe pas des heures dans le métro, je ne fais pas le tour du monde à pied avec un sac à dos, je suis rarement gêné par le poids de tous les livres que je lis : LE livre en cours quitte rarement ma table de nuit (et en parallèle d’innombrables magazines traînent, eux, au salon).

L’accumulation des livres lus est un problème, mais je ne suis pas parisien ni en studio, j’ai les étagères pour afficher les « beaux » livres (grand format) que je veux montrer, et la cave pour stocker les poches.

La lecture sur tablette smartphone grand format n’est pas agréable : comme sur écran d’ordinateur, les yeux fatiguent vite lors d’une lecture de texte prolongée et il y a ce problème de batterie vite à plat (les liseuses sont plus endurantes).

Pour me faire offrir une liseuse, j’avais finalement deux motivations principales : la disponibilité de nombreux titres gratuits (domaine public notamment) ; la possibilité de lire confortablement une masse assez monstrueuse de docs techniques (boulot mais pas seulement), en général vite survolées, pour lesquelles je n’allais pas sacrifier d’arbre et d’encre hors de prix. De plus, le prix d’une liseuse est arrivé au niveau de l’accessible.

Après avoir survolé les critiques sur le web, sans même tester en conditions réelles le modèle[2], j’ai opté pour celle de la Fnac, une version localisée de la Kobo canadienne. Une noire pour que la page semble moins grise. Le dernier Que Choisir la place en milieu de peloton. J’avais hésité à prendre la Cybook. La Sony TRS-2 semble une valeur sûre, mais Sony a toujours eu du mal avec les formats ouverts. Quant au Kindle, il était d’office hors concours à cause de son format fermé, la main-mise d’Amazon sur le contenu même après achat, et son autisme à l’égard du format epub, le plus courant.

Après quelques semaines, bilan :

Ce qui est bien

La lecture est indubitablement agréable. Image nette, un plaisir. Aucune fatigue visuelle. Tourner les pages d’un doigt, changer la police pour une plus grosse... c’est parfait.

L’installation se fait avec connexion wifi : pas de problème, ce fut juste un peu long la première fois à cause d’une mise à jour, mais on ne va pas dire que c’est un point négatif.

Une liseuse classique ne permet pas de lire sans bon éclairage (comme un livre, donc). La grande nouveauté du Glo, l’éclairage dirigé sur le texte et non les yeux du lecteur, est une réussite. Je l’ai testé en lisant dans un car, de nuit : il est bien égal sur toute la surface, avec une intensité réglable, donc sans fatigue visuelle.

La connexion à mon Mac ou mon PC se fait par stockage de masse de base, pas besoin de l’application livrée avec le produit (pas très utile). On dépose les fichiers à la racine et ils sont disponibles quand je rallume la machine (après quelques secondes d’analyse).

La gestion de la bibliothèque est basique mais claire.

Pour afficher des photos (pourtant pas légères, elles viennent de mon Canon), c’est bien sûr en noir et blanc, mais l’affichage est réactif.

L’appareil semble assez solide pour ne pas avoir besoin de pochette de protection[3], mais ça ne fera pas de mal.

Ce qui ne va pas

La plus grosse déception, ce fut la lecture des PDFs. D’abord, c’est relativement lent pour un document un peu chargé. Mais le plus gros problème réside dans la taille de l’écran : insuffisante pour lire correctement un PDF formaté pour du A4. Le problème n’est pas propre au Kobo, vu que je ne connais pas de liseuse format s’approchant du A4.

Mais l’interface joue également un rôle car s’il y a un zoom, il n’est pas très agréable, et la vue réduite masque une partie du texte. Pour passer d’une page zoomée à la suivante, il y a un jeu délicat de taps de doigts bien placés pour dézoomer/changer de page/rezoomer sans faire apparaître le paramétrage : je ne maîtrise pas encore, surtout que la réactivité, là, est très moyenne. Un smartphone serait plus à l’aise car on y scrolle plus facilement. Bref, ça dépanne, sans plus.

J’ai testé rapidement Calibre pour convertir les PDF en epub, ça marche en général bien pour des documents simple, parfois ça donne n’importe quoi.

Le moteur de recherche du site de la Fnac utilisé depuis le Glo est nul. Les résultats semblent totalement aberrants (je tape « Flaubert » : que des résultats en anglais ou espagnol ! ; « Jean-Louis Trudel » : Les Misérables, Phèdre, Pérou 2011, Nos ancêtres les Gaulois... ?! ; « Barack Obama » : uniquement Inaugura Parolado De Barack Obama ?!!!). Et la pénibilité du clavier sur du papier électronique (c’est pas fait pour ça) n’arrange rien.

Au passage, pour chercher des epubs gratuits, ne pas passer par le site de la Fnac, ou alors via le Glo lui-même (si le moteur de recherche coopère) : depuis le site web, on ne télécharge que des PDF, à transformer en epub avec une appli d’Adobe ! Prendre le premier dépôt de livres gratuits trouvé par Google sera plus rapide que de fouiller sur le lourdingue site de la Fnac.

Accessoirement, comme lecteur MP3 le Glo est nul : pas de prise casque.C’est accessoire pour moi, mais pour certains, quitte à lire dans le métro, autant que ce soit en musique.

Planqué, il y a un navigateur Internet[4], pas très réactif, qui dépannera à l’occasion, mais hélas incapable de rendre lisiblement le présent blog. Et aussi un sudoku (non testé), et un jeu d’échec tout simple qui m’a aisément pulvérisé (ça n’est pas un exploit).

Non testé

- Les annotations.

- Les achats en ligne, parce que je n’ai pas l’intention d‘acheter des trucs verrouillés, question de principe et de pérennité de mes achats. Et que j’ai assez à lire sous forme papier.

À lire

J’ai découvert la masse monstrueuse d’ebooks gratuits (format epub de préférence) à portée d’une recherche Google. Comme autres sources, voir In Libro Veritas (œuvres libres et du domaine public), Wikilivres (Wikibooks semble plus riche) ou les auteurs qui offrent leurs œuvres, comme Cory Doctorow.

Et avec ça, comment espérer venir à bout du mètre cube de bouquins papier déjà en stock ?

Notes

[1] Il faudra vraiment trouver un terme français moins long que « livre numérique ».

[2] Au passage : chez Darty le rayon des liseuses était rempli de machines éteintes. Comment comparer ou même savoir que le concept me plaît ? Et une vente ratée au moins...

[3] Pochette disponible même chez Amazon : quitte à ne pas vendre un Kindle, autant piquer sa marge sur les accessoires à la Fnac.

[4] Rigolo : piwik le détecte comme un Safari 4.0 sur Android ?!