Suite des questions stupides-qui-font-réfléchir sur l’un des sites qui justifient l’existence même d’Internet (premier recueil de résumé-traductions ici) :

  • Tout le monde dehors : Avons-nous assez d’énergie pour faire quitter la planète à toute l’humanité ?. Enfin une question « appliquée ».
    L’énergie nécessaire strictement minimale est l’énergie cinétique atteinte par 7 milliards d’humains d’en moyenne 65 kg dépassant la vitesse de libération terrestre (11,2 km/s), soit 2,8.1018 J, environ 5% de notre consommation d’énergie annuelle. Difficile mais jouable en théorie.
    L’énergie réellement nécessaire dépend du moyen utilisé. Les fusées traditionnelles ne sont pas très efficaces, avec 20 à 50 tonnes de carburant pour 1 tonne de charge utile dans l’espace ! De quoi siphonner toutes les réserves mondiales de pétrole. L’ascenseur spatial serait une option (le matériau reste à inventer) ; ou encore l’utilisation de nos bombes atomiques comme carburant (projet Orion).
  • Jump!: si toute l’humanité se rassemblait dans le plus petit espace possible et sautait ensemble en même temps, la Terre ne serait pas déplacée de la largeur d’un atome (elle est simplement trop grosse pour nous). Par contre, la concentration de sept milliards de personnes sur un territoire de la taille de Rhode Island (équivalent à un petit département français comme le Bas-Rhin) posera de cataclysmiques problèmes de logistiques lors de l’évacuation (on a supposé une arrivée instantanée et miraculeuse), menant au chaos et au décès de milliards de personnes. (Les expériences de pensée ont parfois d’inattendues conséquences.)
  • L’âme sœur : à supposer très romantiquement que nous n’ayons réellement qu’une seule âme sœur chacun, disséminée aléatoirement au sein de l’humanité, mais que l’on saurait reconnaître au premier regard, quelle serait la chance de la rencontrer et de déclencher le coup de foudre ?
    Si on se limite à l’humanité qui a vécu, il y a 90% de chances que l’âme sœur soit déjà morte ; beaucoup plus si on inclut les générations à venir.
    Si on considère que l’âme sœur fait forcément partie des vivants d’âge voisin, ça ne fait plus qu’un demi-milliard de rencontres à faire avant le coup de foudre. Combien d’étrangers croisez-vous par jour ? Même à raison de plusieurs douzaines, ça ne fait guère qu’une chance sur dix mille de rencontrer un jour l’Amour Vrai.
    Industrialiser le problème d’une manière ou d’une autre (SoulMateRoulette) permettrait de rassembler tous les couples en quelques décennies... à condition que chacun s’y consacre à plein temps.
  • Si la Terre tournait de 90°, en mettant par exemple le Mexique au Pôle Sud, et en espérant que les règles de la météo ne soient pas complètement déréglée par des phénomènes aussi bizarres que ceux de la réalité (du genre de l’Amazonie ensemencée par un bout de désert tchadien), après une période d’adaptation la carte du monde deviendrait :
    Le monde basculé de 90°
    La France et l’Antarctique devenues tropicales, Madagascar à notre place, Chine et Inde congelées... Il n’y a guère que le Kamtchatka qui ne change pas.
    PS : J’adore ce genre de renversement de carte, ça change complètement la perspective par rapport à nos habitudes.
  • Se faire chier dans la bouche par un oiseau nécessite en moyenne 195 ans de sieste gueule ouverte ininterrompue. Bon exemple de moyenne stupide vue la répartition totalement non-uniforme des piafs en ce monde.
    Cet exemple débile donne pourtant un bon exemple d’analyse dimensionnelle avec des ratios de nombre de fiente/oiseau et de cm² par bouche, le résultat du calcul s’exprimant en année.
    Avec une analyse du même genre, Randall montre que la consommation d’une voiture, en miles par galon (ou en kilomètres par litre, c’est en fait l’inverse de la manière de raisonner des Européens) peut s’exprimer en mm2, le nombre étant la section du volume d’essence étiré dans un tube de la longueur du trajet.

Suite : What If?, le livre !