Petit billet vite fait sur le plus sensationnaliste des magazines de sciences sérieux [1].

Nous ne sommes pas seuls !

Science & Vie en couverture, c’est parfois comme Voici ou Gala : un « grand drame » de la vie d’une star se révèle être une peccadille ; mais pour le savoir il faut avoir acheté, et quand on hurle à l’arnaque il est trop tard.

Ici c’est pareil. D’ailleurs quand on lit « les scientifiques en sont convaincus », il y a de quoi s’inquiéter, aucune unanimité n’est prête de se faire sur un tel sujet avant un débarquement, pacifique ou agressif, des ETs. S&V n’a pas l’exclusivité de la preuve d’une rencontre avec de petits hommes verts ou gris, ou même d’une esquisse de découverte de trace de signature d’une possible vie dans le spectre d’une planète.

Non, l’article s’étend sur l’extrapolation (très raisonnable d’après les premiers relevés) qu’il y a dans notre seule galaxie au bas mot 80 milliards de planètes « habitables ». Au sens large, l’habitabilité : 1 à 10 fois la masse de la Terre, avec la possibilité d’eau liquide, et en général autour d’une naine rouge. Extrapolation sur tout l’univers : 10 000 milliards de milliards de planètes.

Suivent quelques arguments sur les derniers calculs et découvertes tendant à augmenter la proportion des habitées parmi les habitables : l’eau est bien présente partout dans l’univers ; la plupart des systèmes sont plats et stables ; la vie peut coloniser les lieux les plus invivables (pas une nouveauté...) ; les supernovas ne sont pas si nocives et ne stérilisent pas des bras entiers de galaxies ; une énorme Lune comme la nôtre n’est pas nécessaire pour qu’une planète reste à peu près stable sur son axe. J’aurais aimé connaître le niveau de consensus de certaines de ces affirmations.

Bref, sous-entendu : « c’est bien le diable si avec tout ça il n’y a pas la vie quelque part. » Tout ça ne résout pas Fermi.

Suivent des extrapolations sur ce que pourraient être les habitants de ces planètes mais on retombe dans les devinettes déduites [2] hypothèses éclairées : plantes gonflées d’hydrogène par forte gravité ; plantes noires autour d’étoiles froides ; espèces massives volantes dans les atmosphères denses... Pour la Science avait déjà eu un article là-dessus (extrait).

L’Anthropocène a-t-il commencé ?

Après l’Holocène, l’Anthropocène a-t-il commencé ? Quels sont les critères ? Nous avons déjà laissé des traces indélébiles, mais laquelle pourrait être la référence ? Selon les critères habituels (limite stratigraphique identique sur toute la planète), c’est discutable. Serait-ce une époque, ou juste un étage de l’Holocène (les 10 000 années depuis la fin de la dernière glaciation) ? Les géologues discutent.

Divers

  • Un paléogénomicologue (?) récolte des sangsues vietnamienne pour analyser l’ADN trouvé dans le sang qu’elles ont sucé. Il y trouve des bestioles jamais vues pourtant dans la zone. J’adore ce genre de découvertes indirectes.
  • Le nombre de cancers va exploser d’ici 2030. La bonne nouvelle : c’est juste le revers de la médaille de l’enrichissement et de l’élévation du niveau de vie (surpoids, diabète...).
  • Un petit entrefilet me fascine, sur le bon vieux mystère de la fin des dinosaures et de la survie des mammifères : ce serait à cause des œufs. Non que les mammifères les mangeassent (ça a dû arriver, mais pourquoi là et pas dans les 150 millions d’années précédents ?). Mais ces œufs imposant une limite maximale à la taille des bébés dinosaures, ces derniers, en grandissant, devaient occuper plusieurs niches écologiques différentes... occupées par les mammifères adultes plus petits. Sans la protection des adultes après la chute de la météorite, les bébés dinos survivants n’ont pu concurrencer les mammifères.
  • Quand un satellite vient se désagréger dans l’atmosphère, il est impossible de prédire exactement où vont tomber les morceaux. Même pas de quoi faire un film catastrophe réaliste...

Notes

[1] Au contraire de tous ces machins qui fleurissent en récupérant le paranormal.

[2] Vous avez une meilleure traduction d’educated guess ?