L’apogée justinienne

Les Empereurs de la fin du Vè siècle (Zénon, Anastase...) durent repousser Huns et Goths (introduits jusqu’à la Cour et l’armée), consolider l’Empire et l’économie, lutter contre la corruption, les divisions religieuses (monophysisme) et les clans (par exemple les factions des Verts et Bleus qui divisaient la population de Constantinople).

En 518 Anastase léguait à ses successeurs de grosses réserves de trésorerie. Le jeune Justinien notamment allait en profiter. Sa femme Théodora est connue pour sa jeunesse sulfureuse et son rôle politique important.

Militairement, Justinien se lança à la conquête de la Crimée, mata les Bulgares et les Slaves qui commençaient à s’inviter en Thrace, fit la paix avec les Perses.
Il envoya ses deux principaux généraux Bélisaire et Narsès à la conquête de pans entiers de l’ancien empire d’Occident. Ce fut d’abord le tour des Vandales, sur les côtes africaines et en Méditerranée occidentale : leur royaume fut rapidement annexé. Puis ce fut au tour des Ostrogoths de disparaître de l’Histoire : Illyrie, Sicile et Italie furent rattachés à l’Empire. La reconquête de l’Espagne wisigothe fut par contre limitée à quelques provinces au sud.

L’élan justinien fut en effet brisé par une effroyable épidémie de peste. Un quart de la population de l’Empire disparut, ainsi que la moitié de celle de Constantinople. La désorganisation qui s’ensuivit fut mise à profit par les ennemis à toutes les frontières (Maures, Huns, Avars, Bulgares, Ostrogoths, Perses...). Justinien et Bélisaire réussirent de justesse à redresser la situation.

Parallèlement à ses succès militaires, Justinien rénova la législation, bâtit beaucoup, notamment Sainte-Sophie. Malgré la peste et sa situation financière devenue difficile, Byzance restait de loin la principale puissance du bassin méditerranéen et du Moyen-Orient.
Cependant, l’Empire reconstitué restait fragile. Immense, environné d’ennemis, il restait divisé entre son centre grec (Thrace, Grèce, Anatolie), l’Orient superficiellement héllénisé et possédant ses propres langues, et l’Ouest latin fraîchement annexé. La religion chrétienne commune était parcourue de tendances hérétiques (à cette époque principalement le monophysisme) qui recoupaient parfois les divisions politiques ou ethniques. Les provinces reconquises étaient bien plus pauvres que le cœur de l’Empire, isolées (provinces espagnoles), et ravagées par la guerre (notamment l’Italie). La guerre et surtout la peste provoquèrent un recul généralisé de l’urbanisation et de l’économie.

L’effondrement : 602-780

Les successeurs immédiats de Justinien réussirent à contenir les pressions extérieures mais l’instabilité politique interne perdurait : luttes de successions au trône, velléités indépendantistes des provinces lointaines, difficultés pour solder l’armée. Ces troubles affaiblirent l’Empire dans une période difficile et menèrent à la quasi-catastrophe.

La guerre contre la Perse reprit, et la situation devint critique au cœur même de l’Empire, en Anatolie et en Égypte. Les barbares extérieurs en profitèrent : invasion des Avars et Slaves en Illyrie et Thrace jusque Constantinople.

C’est à ce moment que l’Empire arabe naquit : en quelques années à partir de l’Arabie, les disciples de Mahomet s’emparaient de la Syrie, l’Égypte et de la Perse. Leur flotte lança des attaques jusqu’à Constantinople, alors que les Bulgares et les Slaves menaçaient la Thrace et la Grèce. Parant au plus pressé, obligés de s’allier aux Bulgares contre le calife, et se déchirant pour la couronne, les empereurs négligèrent l’Occident : l’Italie tomba progressivement aux mains des envahisseurs lombards, et l’Afrique dans celle des Musulmans.

Parallèlement débuta la longue querelle théologique de l’iconoclasme. Cette théorie prônait l’interdiction des images saintes et perturba durablement la politique intérieure byzantine.

À l’approche du VIIIè siècle, pendant que l’empire d’Occident renaissait sous la forme de l’Empire carolingien, Byzance retrouvait enfin une paix relative à ses frontières. Cependant, son étendue s’était réduite à son cœur (Grèce, Thrace, Anatolie), certes encore bien organisé et armé.

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