C’est un énième opus de la série Star Wars du Fleuve Noir. Le Fleuve n’est pas connu pour sa qualité littéraire goncouresque, et effectivement le contraste fut violent avec le Bonheur des dames de Zola achevé juste auparavant. Les tics et astuces d’écrivain à la chaîne sont nombreux, les personnages un peu trop archétypaux et prévisibles, mais, baste, ça fonctionne.

L’originalité de ce bouquin est de reprendre l’histoire de l’Épisode 4 (Un nouvel espoir, bref le premier tourné), contée du côté des Impériaux. Et oui, ce sont des êtres humains comme les autres, et Luke en a tué ainsi un bon million en explosant l’Étoile Noire. Certains scènes sont amusantes, comme la fameuse scène où Dark Vador étrangle un amiral doutant de la Force, mais cette fois du point de vue dudit amiral.

Un pilote de chasseur TIE, un ancien prisonnier, un garde, un médecin engagé de force, une tenancière de bar... sont les protagonistes, en plus de Tarkin et Vador bien sûr. La force de la franchise est la multiplication des personnages et leurs histoires entrecroisées qui s’étendent des décennies après la trilogie originale, et justement on croise Daala, totalement absente des films, mais au destin assez chargé dans le monde post-Retour du Jedi.

Si quelques pages éclairent ce qui s’est passé pendant le film (pourquoi Luke et ses compagnons se sont-ils enfuis si facilement de l’Étoile noire ? qui leur a fourni l’indication de la faille fatale ?), certaines pistes sont jetées et pas explorées : l’architecte qui intrigue Dark Vador ne le croise plus ensuite (l’auteur se réserve-t-il de réutiliser le personnage ?) ; la grande explosion finale est trop vite expédiée...

Bref, ça fait partie de ces livres sympas sans plus, pour les aficionados mais pas fanatiques[1] de Star wars (au même niveau que la trilogie de la jeunesse de Han Solo).

Note

[1] Parce que l’intégrale des événements et guerres fratricides impliquant résidus de l’Empire, clones de Palpatine, enfants de Han & Leia ou de Luke, dont certains versants du Côté Obscur, sur des décennies, ça ne me dit rien. Wookiepedia est suffisant pour assouvir toute curiosité sur les destins des personnages.