C’est la première fois que j’achète ce magazine, et pourtant je ne suis pas dans la cible [1]. Par contre je les avais découvert à propos d’un dossier sur les ondes radio qu’ils avaient mis en ligne [2]. J’avais apprécié le ton badin bien que sérieux.

J’ai donc jeté un œil au sommaire du n°16 : alléchant. Entre quelques benchmarks de CPU ou de carte graphique pas inintéressants pour conserver une petite culture de ce qui se fait en ce moment, il y a deux perles :

Les câbles pour audiophiles ont-ils un intérêt ?

La réponse est : en gros, non.

Le milieu de l’audio haut de gamme doit servir de champ d’étude des consommateurs argentés prêts à dépenser pour du subjectif. Attention, on ne parle pas d’améliorations incrémentales valant l’investissement pour certaines oreilles éduquées, mais de vent, de pipeau complet.

La technologie des amplis, des enceintes... ayant atteint la quasi perfection, il ne restait donc que les câbles comme composants dont on pouvait tenter de gonfler la marge. Le summum : des câbles optiques plaqué or, des câbles de raccordement électrique à 1000 €, des protections contre les parasites sur des câbles numériques. Quand les arguments de vente ne s’avèrent pas totalement farfelus (et dignes d’un prix Nobel en cas de démonstration rigoureuse), l’effet obtenu est ridicule, surtout comparé à l’effet placebo.

Le test ultime, en double aveugle, ils l’ont fait : les audiophiles concernés, sur leur propre chaîne, ne voyaient pas la différence entre deux câbles basique et ruineux. Ce n’est qu’un début, ils cherchent d’autres cobayes. (2016 : Hélas j’attends toujours.)

D’autres arnaques plus ou moins évidentes suivent : radiateurs de barrettes mémoire inutiles ; mémoire cache inutilement gonflée sur des disques durs ; « certifications militaires » portant en fait sur la méthode de test d’un composant et pas le résultat ; cartes graphiques identiques et rebadgées...

Les inondations thaïlandaises et les disques durs

Depuis un an et demi le prix des disques durs a explosé, officiellement à cause des inondations d’usine en Thaïlande. Bizarrement, en plein milieu de la crise, le chiffre d’affaire des deux plus gros fabricants (Western Digital et Seagate) n’a guère accusé le coup. Puis il a presque doublé pendant les trimestres qui ont suivi, et n’est pas retombé depuis. Les bénéfices, eux, ont explosé en 2012. Le tout dans un contexte normalement défavorable (baisse mondiale des ventes de PC, montée des SSDs...).

Bref, les inondations ont bon dos, l’occasion a été trop belle aux fabricants de se refaire leur marge. Comme ce marché est devenu un duopole, il n’y a plus grand chose à espérer de la loi du marché dans l’immédiat...

Puces RFID & NFC

Le NFC, c’est le dernier truc à la mode dans les téléphones, l’équivalent des puces RFID, lisibles à distance. J’avais déjà un mauvais a priori sur tout ce qui est lecture sans contact, puisque cela peut se faire potentiellement sans l’accord du propriétaire de la carte. Surtout pour tout ce qui est carte bancaire.

Moralité : ça n’a pas manqué, il suffit manifestement de quelques connaissances et d’un peu de matos pour récupérer en trois quarts d’heure dans un métro bondé les infos sur sept cartes bancaires et deux passeports. Consternant.

Bref, sans doute un magazine de plus à suivre... (2016 : Et que je lis effectivement religieusement tous les trimestres.)

Notes

[1] Je ne joue qu’à des jeux remontant au XXè siècle et j’ai essentiellement un Mac, des PCs sous Linux dont le plus jeune a plus d’une demi-décennie au compteur, ou des petits bouts d’électronique qui n’ont pas atteint le stade du double cœur.

[2] En fait tout le numéro est disponible en PDF. À propos de ce dossier sur les ondes : il me semblait bien fait, avec une tentative de chercher les intérêts financiers dans les deux camps, et d’en revenir aux fondamentaux scientifiques, notamment à propos des énergies impliquées. Pour le côté rationnel, voir Skeptic : en double aveugle, on n’a jamais rien trouvé de probant. Voir aussi l’avis d’une électrosensible qui a lu le dossier, qui pointe surtout l’absence de certains conflits d’intérêt. Difficile de se faire des avis objectifs de nos jours sur des sujets que l’on n’a pas creusé soi-même et où tous les acteurs sont susceptibles d’avoir des intérêts financiers et de faire de la comm’ ou d’être irrationnels...